Rendez nous la ville !

Posted: mai 7, 2012 in Uncategorized

Rendez-nous la Ville !
Le Squat du 22 « Le Garage » : de l’expulsion des premiers habitants aux
nouvelles propositions

Bref rappel des faits par les anciens occupants :

D’un côté, un immeuble laissé vide par une mairie occupée à de bien vastes projets : nous
sauver la vie dans un monde où la promesse de rouler en voitures électriques et de travailler dans un
petit coin de verdure sous véranda remplacera tout espoir de flanquer la correction qui s’impose à ceux
qui nous pourrissent la vie. De l’autre côté, certainement pas un groupe de marginaux qui ne pensent
rien comme tout le monde, mais la pensée la plus commune poussée jusqu’au bout : marre de faire sa
vie avec ceux qui nous la confisquent. C’est avec des amis, des gens qui espèrent encore et qui ne
veulent pas nous exploiter ou nous représenter dans des administrations faites pour nous broyer que
nous voulons nous poser les bonnes questions : Comment partager notre sort et nos préoccupations ?
Quelle forme de solidarité ? Etc. Il nous fallait un lieu pour que tout ce monde-là se rencontre et
construise une façon d’être ensemble qui balaye définitivement celle qui nous est imposée. Décréter
qu’un lieu vide n’appartient à personne pour le remettre à l’usage commun et à l’intelligence collective.
Verdict du tribunal suite à la demande d’expulsion formulée par la mairie et l’EPFN (Etablissement
Public Foncier de Normandie) : expulsable dès maintenant.
Mais le lieu reste vide. Il inspire maintenant d’autres personnes et d’autres envies. Une nouvelle
stratégie pour le garder et le partager.

Laissons la parole à ses nouveaux occupants…

Nos premières initiatives furent de mettre en lumière la diversité culturelle de la ville en
organisant une exposition collective et une soirée concerts rassemblant différents genres musicaux. Si
un premier bilan peut être tiré, les évènements culturels accumulés au Squat Le Garage ont attirés
toujours plus de participants et d’adhésion. Pour preuve, une pétition fût signée par environ 300
personnes lors de la dernière soirée du vendredi 13 avril pour la sauvegarde du lieu.
A l’époque de la reconversion des quartiers industriels situés en lisière des centres-villes, divers projets
urbains récents montrent que la symbolique du squat d’artistes ou du lieu « alternatif » permet de
retourner le « stigmate » de la friche industrielle en atout. A Amiens, après plusieurs mois de lutte, La
Briqueterie, un espace d’expression artistique et culturelle programmant des expositions, des
projections, des concerts, des débats, des rencontres a réussi à tenir grâce au soutien de la population et
d’associations. Nous inspirant de ce genre d’initiative, un lieu comme celui-ci dans la ville de Rouen,
déjà en cours de constitution avec l’expérience du Garage dans le Quartier Pasteur, pourrait être le
ciment pour construire du lien entre artistes et habitants.
Lieu d’expression, en faisant participer les associations et les habitants, le Garage est un aussi un outil
pour lutter contre les exclusions culturelles et sociales qui ne font qu’augmenter.

Utopie, Récit, Lutte, Egalité… des passerelles sont lancées… Des Squats aux Places… C’est le
Printemps… Ici et Maintenant !

Rendez-vous pour un Repas-Concert le Vendredi 11 MAI à 19h au
22 rue Duguay-Trouin pour rassembler toutes les idées qui ont vu le
jour, pour s’organiser et pour continuer !

Les prochains rendez-vous

Posted: mars 14, 2012 in Uncategorized

Merci à la vingtaines de personnes venues nous rencontrer samedi dernier, et comme promis, des rendez-vous à gogo :

- Pour en savoir plus sur la manif à Nantes contre l’aéroport de Notre Dame des Landes du samedi 24 Mars, rendez vous à la Conjuration des Fourneaux samedi 17 mars à 19h00.

- Concernant la radio sur les prisons, rendez vous sur le blog aux alentours du 26 mars, pour écouter la première émission durant laquelle sera abordée notre initiative, les différentes thématiques à venir, des groupes qui causent de taule, des textes sur la punition, des préliminaires à la lutte anti carcérale…

- Ce soir réunion à 18h00 au 22 Rue Duguay Trouin pour causer du Camp No Border.

Boujoux

BenyBis199Danette

Invitation

Posted: mars 4, 2012 in Uncategorized

 Salut à toutes et à tous,
       On voulait trouver un moyen chouette de retrouver ceux qui nous ont croisés, de près comme de loin, mais avec qui on a un peu perdu contact. Histoire de se reconnecter les uns aux autres, on profite de l’ouverture d’un nouveau lieu occupé sur Rouen au 199(bis) Rue du Renard, au niveau du Fond du Val, pour faire un petit goûter d’inauguration.
       Pour se raconter ce qu’on a vécu lors des occupations successives, on a prévu de déterrer des archives, des affiches, des textes, des photos, pas par nostalgie, mais pour discuter de ce qu’on pourrait faire ensemble, de ce qu’on pourrait créer comme dynamique, de ce qu’on a comme projets mutuels.
       On causera d’urbanisme et de blocage de flux, d’assemblées de quartier et de solidarité matérielle, de prison et de radio, et pis d’autres trucs qui nous passeront par la tête et que j’ai dû oublier de mentionner !

       Bref, rendez-vous à 16h Samedi 10 mars au 199(bis) Rue du Renard

Et comme d’hab’, pour nous contacter :

Blog : laruemeurt.wordpress.com
Mél : lhabite_asociale@boum.org

Tract donné lors de la manif contre toutes les expulsions

On a organisé, avec le DAL, une manif contre toutes les expulsions, aboutissant à l’ouverture d’un nouveau lieu pour des familles. La manif’ (non déclarée) a été ponctuée de collages et prises de paroles devant des lieux vides.
C’était cool.

Menacés d’être à la rue malgré les températures extrêmes, nous organisons une manifestation contre toutes les expulsions. 

Image

A distribuer et propagander.

Communiqué du Garage en péril

Posted: décembre 15, 2011 in Uncategorized

Hier après-midi, une quelconque huissier de justice s’est présenté au squat du 22 rue Duguay Trouin accompagné de « la force publique » (2 policiers municipaux). Il nous a remis un avis d’expulsion et un procès verbal de tentative d’expulsion rédigé d’avance faisant état de notre refus de quitter les lieux.

C’est comme ça que nous avons compris qu’on procès avait eu lieu sans nous le 14 Octobre dernier. En principe, et comme ça s’était passé au 30 rue du Lieu de Santé, après le constat d’occupation, l’huissier assigne au tribunal un des occupants dont le nom a été donné, permettant ainsi un procès normal, un procès où les gens concernés sont présents, un procès où leur avocat peut demander des délais. Bien sûr la première fois que les flics sont venus au Garage nous avons donné le nom d’un d’entre nous.

Seulement, quand la plaignant, quoique «  sensible au problème du logement », rêve d’un monde où il pourrait expulser les squatteurs sans procès ni délais, et qu’il n’est autre que la mairie de Rouen, son rêve devient possible. Il suffit d’oublier qu’un nom a été donné pour intenter une procédure d’expulsion d’urgence non-nominative, sans qu’aucun des habitants n’en soit averti. Il suffi ensuite d’envoyer un huissier de justice amnésique et paternaliste remettre l’avis d’expulsion, tout jouissant de nous annoncer que non seulement il nous avait fait un procès dans le dos, mais aussi que la police viendrait nous chercher très vite, et au petit matin.

Nous avons décidé de maintenir l’occupation et les activités qui en découlent jusqu’à l’expulsion. C’est-à-dire : rendez-vous Jeudi pour la projection à 20h30 et ce week-end pour la préparation d’une émission de radio sur la prison. Si, d’ici là, nous sommes virés, nous communiquerons les nouveaux lieux et horaires de cette réunion pour qu’elle ait lieu quoiqu’il arrive. D’autre part, nous engageons un pourvoi en référé pour contester le rendu du jugement et obtenir des délais plus longs.

Si expulsion il y a, nous organiserons une manifestation dont les détails seront visibles sur les murs, ainsi que sur notre blog.

Notre expulsion, les expropriations, la traque des sans-papiers, le harcèlement des SDF par les flics, sont intimement liés à la volonté de rendre les villes propres, attractives économiquement. Il en va de même pour la construction d’une nouvelle ligne de TGV reliée à la défense, d’une nouvelle prison loin des regards, d’un écoquartier, et de divers « pôles d’activités ». A Rouen, le boulot est fait par une mairie de gauche.

Pour autant, il n’y a pas à s’en indigner. Toutes les pratiques de solidarité élémentaires, ainsi que les autres façons d’habiter la ville qui brisent l’isolement et entravent l’opération d’avilissement que ce monde met en œuvre quotidiennement, provoqueront toujours l’hostilité de ceux qui nous gouvernent par notre misère et nos dépendances. Historiquement, la gauche n’a jamais dérogé à cette règle. Ses réponses sociales (en l’occurence les logements sociaux, les mêmes qui sont par exemple violemment imposés aux habitants des foyers de travailleurs immigrés) ne font que creuser notre tombe: le traitement individuel de tous les problèmes et la nécessité pour chacun d’entre-nous de se présenter comme des victimes parfaitement dépendantes de la bienveillance et de la disponibilité des institutions qui font notre quotidien. Aussi, on aurait tort de vouloir réduire notre expulsion à l’affaire des squatteurs du 22 rue Duguay-Trouin. Elle relève du même ensemble de décisions et de pratiques du pouvoir qui nous tiennent dans cette vie faite de milles petits renoncements sans que jamais rien n’éclate. Il faut maintenant rebondir sur cette situation et dégager un certain nombre de possibilités avec ceux pour qui notre sort fait écho au leur ou à leurs préoccupations. Que nos envies ne se trouvent plus aplaties pour tenir dans des formulaires de demandes individuelles mais qu’elles constituent des fronts pour maintenir un rapport de force qui nous permette de relever un peu la tête et d’entrevoir des jours plus désirables.

Nous appelons tous ceux que ça a cessé de surprendre, qui seraient sensible à notre lutte, à venir nous voir, nous filer des coups de mains, et d’exprimer leur soutien de toutes les manières possibles.

 

Les habitants du 22.

 

Blog : laruemeurt.wordpress.com

Contact : lhabite_asociale@boum.org